Petit guide de survie – Le portique d’aéroport

UPT - Airport security

L’élégance en voyage n’est pas chose aisée. Surtout en avion et plus précisément au fameux passage du portique à l’aéroport. Cette épreuve, redoutée entre toutes, demande sang-froid, réactivité et dextérité. C’est pourquoi nous vous offrons ce petit guide de survie en milieu aéroportuaire qui devrait faire de votre passage au portique une expérience unique.

N’oubliez jamais que vous êtes avant tout jugé sur les apparences. Une bonne pilosité faciale devrait assez facilement attirer l’attention du physionomiste de service qui ne manquera pas de garder un œil discret, mais insistant sur vous. Une glorieuse moustache devrait suffire, mais si vous possédez une barbe bien fournie, c’est la consécration: plus personne ne vous lâchera du regard.

Bien sûr un tel foisonnement de poils demande un soin particulier. Ne partez donc pas sans votre matériel de rasage complet et notamment votre rasoir coupe choux pliant à poignée en marbre. Ce dernier attisera la convoitise de tous et vous serez invité à le sortir de votre trousse de toilette afin que tout un chacun puisse l’admirer.

Pensez aussi à vous charger en bijouterie et autres accessoires:

– La pince à cravate est nécessaire pour conserver cette dernière bien en place.

– Les boutons de manchette sont élégants et pratiques.

– Enfin, vous ne sauriez sortir sans un garde-temps digne de ce nom.

A la plèbe en T-shirt qui trépigne dans votre dos alors que vous ôtez vos boutons de manchette, adressez votre sourire le plus désarmant et prenez le temps de leur expliquer comment fonctionne ce délicat mécanisme.

Surtout profitez bien en vous dévêtant (ce moment un peu flou qui embarrasse les plus timides), pour montrer à tous la finesse de la doublure de votre blazer, le maintien exceptionnel de vos mi-bas en fil d’écosse ainsi que la coupe et le repassage impeccables de votre chemise.

Face à tant d’élégance, vous serez certainement convié à l’écart à subir une fouille corporelle, qui n’est jamais qu’un prétexte pour sentir la qualité des tissus et le soin apporté à la fabrication de vos habits. N’en soyez donc pas embarrassé.

N’hésitez surtout pas à engager la conversation avec le ganté qui vous palpe. Après tout, s’il peut s’arroger le droit de vous toucher à certains endroits que la pudeur nous empêche de nommer, le moins que vous puissiez faire est apprendre à le connaître. Pourquoi ne pas tenter un trait d’humour (toujours appréciable en ces temps moroses) sur sa dextérité digitale:

« Vous me touchez comme jamais personne ne m’avait touché… »

« J’ai fait du piano autrefois… en pure perte: je n’ai jamais été aussi agile de mes dix doigts. Avez-vous songé à vous inscrire au Conservatoire?  »

Si le préposé s’attarde un tant soi peu sur votre intimité, sentez-vous flatté, et faîtes preuve de réciprocité.

En effet, il est couramment admis, en bonne société, qu’un bon sous-pesage de bourse, se doit d’être retourné. Excusez-vous toutefois par avance de votre manque de doigté, après tout ce n’est pas votre métier (seul un malotru saurait vous en tenir rigueur), et tâtez… tâtez… cela devrait achever de détendre l’atmosphère.

Ainsi, sous les cris de la foule en délire, vous avez su avec panache transformer une situation gênante en leçon d’élégance. Il ne vous reste plus qu’à attendre le prochain avion…

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